Capture d’écran Twitter

Le fameux « no cheering on the press box »

Qu’on mette tout de suite quelque chose au clair: la majorité des journalistes suivant les activités du Canadien souhaitent que l’équipe connaisse du succès.

Parce que c’est beaucoup plus le fun couvrir une équipe gagnante qu’un club qui finit 32e. Mais, aussi, parce que le Canadien, c’est l’équipe de notre enfance. Derrière plusieurs journalistes se cachent d’anciens fans. Plusieurs souhaitent donc des victoires, alors que d’autres s’en foutent un peu et demeurent neutres.

Il y a toutefois une marge, une énorme marge entre souhaiter une victoire de l’équipe que l’on couvre et célébrer sur la galerie de presse comme si on était un partisan!

En tant que journaliste, on se doit d’essayer d’être le plus objectif possible. On a un devoir de réserve. On se doit d’être professionnel. De dire si un joueur a bien joué ou mal joué. Même si on va le croiser dans le vestiaire, le lendemain.

Parenthèse: à l’époque où j’étais l’analyste des matchs du Rocket de Laval à la radio, j’avais eu maille à partir avec Mike McCarron. Un soir, à Binghamton, je descends dans le vestiaire pour aller l’interviewer. Il me regarde et me dit: « Toi et l’autre clown [Anthony Marcotte], arrêtez de dire des niaiseries sur nous sur Twitter! »

Je l’ai regardé et lui ai répondu: « De quoi tu parles Mike? On a une job à faire. On analyse le jeu. Si tu fais une bonne passe, je vais le dire, si tu joues mal, je vais le dire aussi. Si un jour je t’attaque personnellement, là, tu viendras te plaindre. Entre-temps, laisse-moi faire ma job. »

McCarron nous avait boudé pendant quelques jours, puis tout s’était réglé. Il était frustré d’avoir été redescendu à Laval et cherchait un coupable. Il s’était défoulé sur moi. Ça, c’est lui qui me l’avait avoué, quelques semaines plus tard. Tout a bien fini entre nous. Fin de la parenthèse.

Je sais que, parfois, les émotions sont fortes. Entre autres en séries de la coupe Stanley, aux Jeux olympiques et à la Coupe du monde de soccer.

Surtout lors de ces deux derniers événements, car on ne suit pas une équipe, mais bien un pays. Ça vient nous chercher dans les trippes. La fierté est forte.

Mais encore là, il y a une différence entre souhaiter la victoire ou la médaille d’or à l’équipe ou l’athlète de son pays, et célébrer comme si on était dans les gradins!

J’ai regardé les trois matchs du Canada, dans mon salon. J’ai crié. J’ai sauté. J’ai encouragé. En masse. Mais si j‘avais été au Qatar, sur la galerie de presse, je me serais gardé une petite gêne et je serais demeuré professionnel. Car j’aurais été en fonction.

Ce que ce journaliste du Maroc n’a pas fait, hier. Et j’avoue que j’ai bien de la misère avec ça.

Confidence, j’ai couvert plusieurs matchs éliminatoires du Canadien, au Centre Bell. Dans mon for intérieur, je souhaitais une victoire du CH. Comme vous tous. J’ai même déjà serré le poing, en-dessous de la table, après un but montréalais.

Mais de là à applaudir, à m’agiter les baguettes en l’air, à célébrer, à crier, à pleurer, comme plusieurs journalistes à la Coupe du monde le font, non. Jamais.

Je parle de Coupe du monde, mais des débordements de descripteur-analyste-journaliste arrivent aussi parfois dans la LNH, la MLB, la NFL, la NBA ou la MLS.

Je pense entre autres au descripteur Joe Bowen, qui a célébré la qualification des Maple Leafs en séries à grand coup de high fives, dans son studio. Voyez le tout ici.

Too much, non? Mets de la passion. Mets de l’émotion. Pas de trouble là. Mais n’oublie jamais d’être professionnel. T’es pas un partisan.

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