(crédit photo: Lou Capozzola)

Un humain malgré les millions

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C’est connu, lorsque tu deviens millionnaire, tu n’as plus de sentiments. Tu deviens presque un robot et tu ne ressens plus la tristesse.

Vous comprendrez que c’est du sarcasme. Je suis conscient que les joueurs de hockey professionnel sont choyés, mais de penser que les millions font en sorte que les joueurs ne ressentent plus rien, c’est faux et un peu insultant.

Justement, la date limite des transactions amène son lot de stress chez les joueurs et c’est très comprenable.

Laisser les enfants derrière

J’ai été échangé à quelques reprises dans ma carrière et ce n’est jamais facile. Quand je suis passé des Kings de Los Angeles aux Hurricanes de la Caroline, ça m’a fait mal. J’avais été repêché par les Kings 10 ans plus tôt et c’était chez nous.

Je me voyais terminer ma carrière là, tellement que lorsque Ron Hextall (DG adjoint) m’a fait venir à sa chambre pour m’annoncer la nouvelle, j’étais dans les rénovations par-dessus la tête à la maison et mes gars de planchers étaient justement en train de travailler!

Je ne m’y attendais pas pantoute!

Les Hurricanes avaient gagné la coupe Stanley l’année d’avant et l’organisation allait dans la bonne direction, mais je devais laisser ma famille derrière moi. J’avais deux enfants en très bas âge (3 ans et 8 mois) et les laisser derrière avec ma femme m’avait fendu le cœur.

Ils étaient éventuellement venus me rejoindre en Caroline, mais après 53 matchs là-bas, j’ai été échangé à Atlanta!

N’importe quel être humain normalement constitué ne trouverait pas ça facile. Ça vous donne aussi une idée de l’importance des conjointes dans des situations comme ça.

Toi, tu pars avec ta poche de hockey, 2-3 poches de linges. Madame de son côté doit tout gérer le reste en arrière.

Elles sont tellement importantes.

L’acclimatation

J’ai finalement joué pour sept équipes au cours de ma carrière dans la LNH, dont sept, lors de mes dix dernières saisons. Ça fait beaucoup d’acclimatation.

Heureusement, la transition s’est toujours bien faite et je me suis toujours senti à l’aise d’arriver dans un nouveau vestiaire (même la fois des Capitals avec Jason Chimera 😉 ).

Mais ce n’est pas évident, il y a une période d’adaptation et croyez-moi, ce n’est pas qu’un cliché.

L’exemple de Sean Monahan est excellent. À ses quatre premiers matchs avec les Jets de Winnipeg, il n’a pas inscrit de points. Depuis, c’est neuf points en huit rencontres; les Jets sont revigorés et très dangereux. De leur côté, on voit qu’il y a un peu d’adaptation à faire du côté de Vancouver depuis les acquisitions de Lindholm et Zadorov.

Je suis un partisan des échanges quelques semaines AVANT la date limite. Ça permet une plus longue période de transition et donne la chance au DG d’ajouter une « pièce de finition » à la date limite. Mais tout ça demeure un coup de dés et les résultats sont loin d’être garantis.

La catastrophe des Thrashers

Quand je suis passé des Hurricanes aux Thrashers le 9 février 2007, j’avais eu le temps de m’acclimater. Ça donne plus de temps pour passer à travers l’émotion de l’échange, régler les dossiers famille/enfants, s’adapter au nouveau système de jeu et mieux connaitre ses nouveaux coéquipiers.

Cet échange au début du mois de février m’avait aidé. Quelques semaines plus tard, Keith Tkachuk et Pascal Dupuis s’étaient amenés à la date limite des transactions (le 27 février). Disons que les Thrashers avaient été très agressifs!

Loin de moi l’intention de dire que l’adaptation de Tkachuk et Dupuis avait été difficile, mais on s’est fait sortir en 4 par les Rangers cette année-là. Qui sait ce que quelques semaines de plus auraient fait.

Alors, retenez ça, les joueurs de hockey ont des sentiments et l’adaptation à une nouvelle équipe et un nouveau système de jeu, ce n’est pas qu’un cliché. 😉

Cet article a été rédigé en collaboration avec Marc-André Perreault

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