Olivier Rodrigue (gracieuseté des Condors de Bakersfield)

Diriger son fils dans le pro: une situation unique

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Diriger son fils, ça arrive souvent dans le novice, l’atome, le pee-wee ou même le bantam. Mais c’est très rare que ça se produit au niveau professionnel.

C’est pourtant ce que vit Sylvain Rodrigue avec son fils Olivier depuis la saison 2020-2021, avec les Condors de Bakersfield, le club-école des Oilers d’Edmonton dans la Ligue américaine. 

Olivier a été un choix de deuxième tour des Oilers, le 62e au total, en 2018. Deux ans plus tard, après avoir complété sa carrière junior avec les Voltigeurs de Drummondville et les Wildcats de Moncton, il faisait le saut chez les pros.

« Oli est arrivé durant la COVID, comme joueur de 20 ans, précise Sylvain. Mais là, vu l’incertitude dans la LNH et la Ligue américaine, il est parti jouer en Autriche [à Graz]. Il était censé passer toute la saison là et finalement, la LNH a repris ses activités en janvier et Mike Smith s’est blessé à long terme. Les Oilers ont donc ramené Oli à Bakersfield. Le calendrier dans la Ligue américaine avait été écourté à 40 matchs [NDLR: 39]. Oli avait déjà goalé une vingtaine de matchs en Europe, alors le plan était de lui donner 10 rencontres et le reste allait à Stuart Skinner. »

Ainsi a commencé la carrière professionnelle d’Olivier Rodrigue, avec 23 matchs à Graz et 11 dans la Ligue américaine.

Dans la ECHL… une claque!

La saison suivante, le Québécois s’attendait à jouer davantage à Bakersfield, mais les Oilers ont décidé d’embaucher le Russe Ilya Konovalov, pour seconder Skinner. Résultat: Rodrigue a disputé seulement 13 matchs dans la LAH et 15 dans la ECHL, avec Wichita.

Olivier Rodrigue a appris et la saison dernière, il est resté à temps plein dans la LAH. Et il a été excellent! En 29 matchs, il a présenté une efficacité de ,912, la huitième plus élevée du circuit, à égalité avec son coéquipier Calvin Pickard (38 rencontres).

Son bon jeu a convaincu les Oilers de lui consentir une prolongation de contrat d’un an, à 775 000$ dans la Ligue nationale et à 80 000$ dans la Ligue américaine.

Jack Campbell doit jouer…

Rodrigue fait encore mieux cette saison, avec une moyenne de 2,17 et une efficacité de ,935. Le hic, c’est qu’il n’a joué que cinq matchs, car en début de saison, Pickard avait la pôle et là, depuis le 9 novembre, les Condors font confiance à Jack Campbell (huit départs). Normal, on veut lui donner toutes les chances de remonter dans la LNH, avec son salaire de 5 M$.

« Il est vraiment à la veille d’avoir un appel d’en haut, dit Sylvain au sujet de son fils. D’un autre côté, il se fait ralentir avec l’arrivée de Jack Campbell. Lui, il n’est pas ici pour rester sur le banc. Oli doit donc rester positif et contrôler ce qu’il peut contrôler, c’est-à-dire le nombre de rondelles qu’il arrête.

« Les organisations voient toujours sur du long terme, ajoute Rodrigue. C’est pour ça que des fois, les partisans ne comprennent par les décisions. Ils se disent: ‘Ben voyons, qu’est-ce qu’ils font là?’. Mais les équipes voient toujours le big picture. »

Sylvain Rodrigue a donc deux beaux défis devant lui. Dans le coin bleu, replacer un gardien multimillionnaire de 31 ans qui a 176 matchs d’expérience dans la LNH, mais qui en arrache depuis deux ans. Dans le coin orange, développer un gardien de 23 ans, qui est perçu comme l’avenir des Oilers entre les poteaux.

« Olivier, c’est un gars technique, qui ne dépense pas beaucoup d’énergie. Jack Campbell, c’est un gars qui a besoin de momentum. Il a beaucoup d’expérience, mais là, il a pris un recul dans sa carrière. C’est cool pour moi, en tant qu’enseignant. Avant ça, j’avais Calvin Pickard, qui a été un super bon mentor pour Oli. Il a de l’expérience dans la LNH et il accepte son rôle dans la Ligue américaine. C’est un vrai numéro trois dans la LNH. C’est le genre de gars qui est super important quand tu as un jeune gardien comme Oli avec ton club-école. »

« C’est bizarre »

Come on, Sylvain. On est entre nous… Le matin d’une performance spectaculaire ou d’une contre-performance, entre deux bouchées de toasts et deux gorgées de café, vous ne parlez pas pantoute de hockey? « Non, je suis pas à la maison le matin. À 5h30, je quitte pour l’aréna. Les coachs, on commence à 6h. Alors, je ne le vois pas. [rires] »

Et juste pour prouver qu’il ne favorise pas son fils, « l’an passé, il y a des joueurs qui ont su qu’Oli était mon gars seulement après Noël! Et cette année, je ne sais même pas si Jack Campbell le sait », mentionne Sylvain en riant.

Raphaël Lavoie et Olivier Rodrigue (photo gracieuseté Condors de Bakersfield)

Bientôt un premier rappel?

Rendu à 23 ans, cinq ans après son repêchage, Olivier Rodrigue n’a toujours pas joué dans la LNH. Sylvain Rodrigue n’y voit rien de négatif et souligne que chaque situation est différente et qu’il faut être patient avec les jeunes, surtout les gardiens.

Présentement, Stuart Skinner et Calvin Pickard font le boulot avec les Oilers, qui ont remporté leurs huit derniers matchs! Mais si l’un des deux devait en arracher, c’est sans doute Olivier Rodrigue qui obtiendrait le rappel, et non Jack Campbell.

Ce dernier aura besoin d’une meilleure efficacité que ,887 pour revenir dans la LNH…

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