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Quatre chums à Tampa: carnet de voyage

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CHRONIQUE – Quatre vieux chums. Quatre jours. Deux matchs. Une ville: Tampa. Récit d’un voyage ô combien plaisant, mais pas reposant.

Ça faisait longtemps qu’on se disait qu’on voulait aller voir de la NFL ensemble, Ti-Dan, Phil, Mat et moi. La pandémie a ralenti le projet, mais à un moment donné, on s’est dit qu’il fallait arrêter d’en parler et le faire.

Première étape: choisir la destination. Le plus important: la ville. Ensuite, l’équipe, le stade et la qualité du tailgate. Mais tout part avec la ville.

Mes chums étaient déjà allé à Chicago. Merde. Ça aurait probablement été mon premier choix. Un autre était déjà allé à Nashville. Double merde, ça aurait été mon deuxième choix.

Deuxième étape: attendre la sortie du calendrier de la LNH, en juillet, pour essayer de combiner hockey et football. Tant qu’à partir…

À force de trier, on a arrêté notre choix sur Tampa. Partir à la chaleur et au soleil à la fin octobre, alors que le froid et le gris s’installent au Québec: bon plan!

On est donc arrivé en Floride vendredi midi, brûlé raide, après s’être levé à 1h du matin pour aller prendre l’avion à Burlington. Avec une escale à Philadelphie.

Partir à quatre, c’est du GROS fun, mais c’est aussi beaucoup d’organisation et de compromis. Toi, t’as envie de manger ça, mais tes chums non. Compromis. Tes chums ont envie d’aller à telle place, mais toi, non. Compromis.

Au final, tu mets de l’eau dans ton vin pour le bien collectif. Tu en apprends beaucoup sur toi-même, mais aussi sur tes chums. Rarement en mal, très souvent en bien.

Au Lightning

Après un vendredi tranquille – on était fatigué, mais ça brasse dans plusieurs bars du quartier Ybor City, où le soir, la rue principale est un mélange de rue Sainte-Catherine et de petite Nouvelle-Orléans -, petite croisière le samedi après-midi pour visiter les rives de Tampa. Beau moment, vraiment. Puis, en soirée: duel Maple Leafs-Lightning.

Un premier match LNH dans les gradins pour moi depuis… 2007. Eh oui, je travaille à Montréal depuis 2008 et depuis, je regarde le hockey de la galerie de presse (je sais, je suis chanceux).

On était super bien placé, dans la 18e rangée, à la hauteur de la ligne bleue. C’est vraiment le fun regarder un match d’aussi près. Tu vois vraiment la grosseur et la robustesse, mais surtout, la vitesse et le talent des gars.

Le plus impressionnant? On est unanime: Nikita Kucherov. Je le savais, mais je le sais encore plus depuis samedi, ce gars-là voit le jeu au ralenti, comme un coup avant tout le monde. Il anticipe le jeu, il va où la rondelle va aller, et non où elle est.

Il a une vision et des mains incroyables. Samedi, il a été bien plus impressionnant que les Matthews, Marner, Nylander, Tavares, Point, Stamkos et compagnie. Proche de même, Victor Hedman est aussi impressionnant… il est tellement immense!

Tampa menait 3-1 en fin de troisième période, mais les Leafs ont remonté la pente pour l’emporter 4-3, en prolongation.

L’Amalie Arena n’a rien de spectaculaire, mais c’est un bel aréna, avec une belle ambiance. Les partisans sont dedans, plus que j’aurais pensé. D’ailleurs, les locaux nous ont dit que l’équipe numéro un à Tampa, c’est le Lightning, pas les Bucs!

Les Rays? Oh boy. On n’a pas vu beaucoup de chandails ou d’affiches… c’est presque comme s’il n’y avait pas de baseball à Tampa (dans les faits, c’est le cas, puisque les Rays jouent à St. Petersburg, à 30 minutes de là).

Après le match du Lightning, petite bière tout près de l’aréna, sur une terrasse au bord de l’eau. Puis, de retour au AirBnB, on a jasé et rattrapé le temps perdu jusqu’à 3h. Autre beau moment.

Aux Buccaneers

Dimanche: direction Raymond James Stadium pour le match Falcons-Buccaneers. On a senti le vibe de la Floride au tailgate: c’est tranquille. Je suis déjà allé voir les Pats et les Giants et, contrairement à Foxborough et New York, ce n’est comme pas un gros tailgate, mais des centaines de petits. Tout le monde fête de son bord. Aucun débordement ici.

Le stade est magnifique. Tu sens vraiment un effet de grandeur, t’es zéro coincé avec les côtés « ouverts » et les concessions alimentaires qui sont comme à « l’extérieur » du stade, à ciel ouvert. Le rouge, le gros bateau de pirate… c’est vraiment beau.

Atlanta, c’est à six heures de voiture de Tampa, alors il y avait pas mal de fans des Falcons. Tout s’est bien passé. Vraiment un esprit du sud dans les estrades, avec une belle camaraderie entre les partisans des deux clubs. On est en Floride, au gros soleil (my god qu’il faisait chaud!)… la vie est belle. Chill out, comme dirait Carey.

Les Falcons l’ont emporté 16-13 sur un placement en fin de match. Les Buccaneers ont eu quelques occasions d’inscrire un touché ou un placement gagnant, mais Baker Mayfield a été Baker Mayfield, c’est-à-dire qu’il a parfois forcé le jeu ou pris de mauvaises décisions. Pas mon préféré.

On avait des billets dans la quatrième rangée du balcon, en plein centre. Vraiment un bel endroit pour regarder un match de foot. T’as une belle vue d’ensemble du match et du stade, pour 175$ canadiens. Pas si mal pour la NFL. Think big.

Au Bern’s

La gang du beat du Canadien m’avait dit: « Raph, si tu vas à Tampa, tu dois aller au Bern’s. Ça a l’air de rien, mais c’est un excellent steakhouse. Et après ton repas, tu dois aller visiter le cellier et la salle des desserts. »

De l’extérieur, l’endroit n’a l’air de rien. On dirait même un salon funéraire. Mais oh qu’on n’a pas été déçus! L’une des plus belles expériences gastronomiques de ma vie! Un très bon steak (châteaubriand), puis une visite de la cuisine – immense, avec plus de 75 employés, qui préparent entre 600 et 700 repas par soir! – et du cellier, « le plus gros au monde pour un resto », nous a fièrement dit Caroline. Impressionnant, ça vaut vraiment la peine!

Puis, on nous a amené en haut, dans la salle des desserts. C’est comme un autre resto en soit, avec des tables isolées. Tu peux prendre le téléphone et faire une demande spéciale au pianiste. Un genre de Gregory Charles, qui peut jouer n’importe quoi, même du CCR.

La carte de desserts doit renfermer une trentaine de choix, dont le classique de l’endroit: la tarte au banane. Fraîche, onctueuse, délicieuse. Magnifique façon de conclure une soirée tout aussi magnifique.

Ah, les aéroports…

American Airlines nous avait offert de devancer notre vol du lundi de 18h45 à 14h, alors, c’est ce qu’on a fait. Après tout, la dernière journée, tu ne peux/veux comme pas faire grand-chose, t’es pogné avec tes valises et tu as toujours ton retour en arrière-pensée.

Mais le vol a été retardé deux fois, si bien qu’on a décollé vers Charlotte à 14h40. On a débarqué de l’avion à 16h25… on avait une connexion à 16h40!

Charlotte, c’est un gros aéroport. Entre nos deux portes, ça disait 15 minutes de marche. On t’a clanché ça en cinq minutes de course! Une vraie scène de Maman j’ai raté l’avion, à courir dans l’aéroport. Ou encore de Mario Kart, à essayer d’éviter tout le monde!

On est arrivé à notre porte à 16h30. Yes, on l’a! Le monsieur était encore là. L’avion aussi. « Désolé messieurs, mais le vol est fermé. » « Quoi?!? Come on, on est là! Avec dix minutes d’avance en plus! On est tight parce que VOTRE vol a été retardé deux fois… s’il-vous-plaît, s’il-vous-plaît! »

Mais non. Rien à faire. On a regardé l’avion partir. Frustrant, et le mot est faible. Puis, on a dû faire Charlotte-DC et DC-Burlington. On a atterri à minuit, au lieu de 19h. Après douze heures passées à l’aéroport ou dans les airs. Une journée qui n’en finissait plus.

Une heure trente de route plus tard, on arrivait à la maison. Enfin. Pas mal exactement quatre jours après être parti. Fatigué, encore un peu fâché contre American Airlines, mais surtout heureux.

Heureux d’avoir passé quatre jours ensemble, des vieux chums depuis plus de 20 ans. Reconnaissants aussi d’avoir pu vivre tout ça et décrocher de notre routine quotidienne qui va vite (on aime nos blondes et nos enfants, mais ça fait du bien des fois!).

Verdict

Tampa, je vous le recommande si vous aimez l’eau et son côté apaisant, et si vous voulez avoir autant du plaisir que de moments relax. Car c’est assez tranquille, mis à part les bars d’Ybor City. Donc, si votre seul but, quand vous faites un trip de sports, c’est de faire le party, allez ailleurs.

Pour notre part, on commence déjà à penser au prochain voyage. Foot et hockey encore? Du foot, c’est sûr (il n’y a rien de plus gros aux States…), mais on aimerait aussi aller voir du basket ou du baseball (quoique c’est difficile combiner les calendriers MLB et NFL). Ou Messi, pourquoi pas.

On verra bien quelle sera notre prochaine destination. Il y a tellement d’options… entre-temps, m’a aller faire une sieste. Le père est fatigué.

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