Photo gracieuseté des Phantoms de Lehigh Valley

À bientôt 50 ans, Ian Laperrière rêve à la LNH

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Dans un peu plus d’un mois, le 19 janvier, Ian Laperrière fêtera ses 50 ans. Beau prétexte pour le contacter et en savoir plus sur où il est rendu dans sa vie et sa carrière.

Le vétéran de 1083 matchs dans la LNH en est déjà à sa 12e saison dans l’état-major des Flyers de Philadelphie. Après avoir été directeur du développement des joueurs, puis entraîneur adjoint des Flyers, il en est à sa troisième année comme entraîneur-chef du club-école dans la Ligue américaine, les Phantoms de Lehigh Valley.

Avoir bientôt 50 ans, ça lui fait quoi? « C’est pas vraiment dans ma tête, mais c’est fou comment le temps passe vite, dit-il. Cinquante ans… je ne me sens pas comme 50 ans! Mentalement et physiquement, je me sens plus jeune. Mais c’est un gros chiffre pareil. C’est la moitié d’un centenaire et, je sais pas, c’est juste bizarre. Au moins, notre génération est plus active que celle de nos parents et moi, j’essaie de rester actif le plus possible. Cinquante, c’est juste un chiffre, comme ils disent… »

Oui, le temps passe vite. Il y a 31 ans, Laperrière était repêché en septième ronde (158e) par les Blues de St. Louis, au milieu d’une superbe carrière junior avec les Voltigeurs de Drummondville.

Puis, il y a 29 ans, soit le 3 mars 1994, il inscrivait son premier but dans la LNH. Il a aussi joué pour les Rangers, les Kings, l’Avalanche et les Flyers avant de prendre sa retraite, il y a 13 ans.

Encore l’oeil droit embrouillé

Laperrière a toujours eu un coeur encore plus gros que son talent. Il donnait son 100% à chacune de ses présences et était prêt à tout pour contrer un adversaire ou bloquer un tir.

Ressent-il des relents de son style de jeu sans demi-mesure? « Tout va bien. J’ai des petits bobos, comme tout le monde, mais je continue à m’entraîner et à courir. La course, c’est ma thérapie mentale. Je cours beaucoup, surtout l’été. L’hiver, je monte et descends les marches dans les arénas. Il y a juste mon oeil qui est encore embrouillé, mais sinon, je suis pas mal en santé pour un gars qui a joué au hockey aussi longtemps. »

Laperrière a effectivement l’oeil droit amoché depuis les séries de 2010, alors qu’il avait bloqué avec son visage — pas de farce — un tir de Paul Martin, des Devils du New Jersey. Et ce, deux semaines après que Jason Pominville, des Sabres de Buffalo, l’ait atteint à la bouche avec un tir.

« La rondelle de Paul Martin a endommagé le devant de mon cerveau [contusion], mais aussi un nerf derrière mon oeil, explique celui qui jouait alors pour les Flyers. À cause de la pression de la rondelle, ça a créé un cataracte. J’ai ça depuis, mais je vais devoir me faire opérer bientôt. »

Scène inquiétante, en mai 2010, quand Ian Laperrière a été atteint à l’oeil droit par une rondelle. (Photo: Jim O’Connor-USA TODAY Sports)

Malgré son léger problème de vision, Laperrière voit clair derrière le banc des Phantoms. Il aime être en chef et se sentirait même prêt à faire le saut dans la LNH si jamais l’occasion se présentait.

« Un joueur veut jouer dans la meilleure ligue au monde, même chose pour un coach, mentionne-t-il. Mais bon, il y a juste 32 jobs comme ça dans le monde, et ce sont les meilleurs qui les ont. Pour l’instant, je me concentre sur ce que je fais, j’essaie d’apprendre de mes erreurs et de m’améliorer. Comme quand je jouais. J’apprends beaucoup de Torts [John Tortorella, l’entraîneur des Flyers]. J’apprends de la manière qu’il coache et on se parle beaucoup l’été. J’apprends aussi beaucoup de mes adjoints. J’ai un bon staff. Mais pour répondre à ta question, si j’avais la chance de coacher dans la LNH, je sauterais sur l’occasion. »

Il aime sa chaise en ce moment

À Lehigh Valley, ou plutôt à Allentown, car Lehigh Valley est une région, Laperrière est supporté par Jason Smith, John Snowden, Bill Downey et Brady Robinson (gardiens).

Il respecte bien évidemment le métier d’adjoint, mais pour l’instant, à bientôt 50 ans, il préfère être en chef en bas qu’adjoint en haut.

« J’aime ma chaise en ce moment, pour employer une expression de Dany Dubé, qui utilisait ce terme bien avant Martin St-Louis [rires]. J’ai eu beaucoup d’entraîneurs-chefs à Philadelphie. Et pour être honnête avec toi, quand AV [Alain Vigneault] est arrivé, il a amené Michel Therrien et Mike Yeo, deux anciens entraîneurs-chefs. Alors, comme adjoint, j’en faisais moins. Je sentais que j’étais moins challengé. Alors j’ai sauté sur l’occasion de venir diriger Lehigh Valley. J’aime vraiment ça. C’est plus exigeant qu’être adjoint dans la LNH, mais c’est aussi beaucoup plus valorisant. »

Pas toujours évident, diriger dans la Ligue américaine. Si le club de la Ligue nationale va mal et a besoin d’une étincelle, ou s’il subit une blessure, paf, tu perds ton meilleur joueur. Ou tes meilleurs joueurs. Tu dois constamment t’adapter. 

Et aussi ajuster ton discours pour rejoindre des joueurs de tous âges. Par exemple, à Lehigh Valley, le plus vieux, Garrett Wilson, a 32 ans, et le plus jeune, Alexis Gendron, va fêter ses 20 ans le 30 décembre.

Dépendant des Flyers…

Les déboires des Flyers, au cours des deux dernières saisons, ont évidemment eu un impact sur les Phantoms. Les Flyers ont rappelé et essayé plusieurs joueurs, avec comme résultat que la troupe de Laperrière a raté les séries en 2022 (29-32-15) et été éliminée par Charlotte dès le premier tour en 2023 (37-29-6). Cette saison, les Phantoms ont une fiche de 9-8-4.

Quelle est la différence majeure entre coacher dans la LAH et coacher dans la LNH?

« C’est plus d’enseignement, et c’est correct, c’est pour ça que les joueurs sont ici, note Lappy. Ils ne sont pas assez bons pour la Ligue nationale. C’est drôle à dire, mais c’est ça. Et on ne leur enseigne pas juste les X et les O. On leur enseigne c’est quoi être un vrai professionnel, à tous les jours. Ici, que tu aies 19 ou 32 ans, tu as des choses à améliorer pour monter ou remonter dans la Ligue nationale. Ce qui est ingrat dans la Ligue américaine, c’est que ton club subit toujours les conséquences de ce qui se passe dans la Ligue nationale. Et ça, Michel Therrien m’avait averti. Je ne peux être frustré des blessures et des rappels, ça ne me donnerait rien. Mon focus est d’améliorer mes joueurs à chaque jour. Peu importe les joueurs que j’ai. »

Au moins, Laperrière peut se concentrer à 100% sur les Phantoms, puisque c’est rendu pas mal plus tranquille à la maison.

« Mes gars sont rendus au collège. Mon plus vieux a 21 ans et en est à sa dernière année en gestion du sport, à l’Université Towson, dans le Maryland. Mon plus jeune a 19 ans et joue à la crosse en division 1 à la Virginia Military Institute, une école militaire. Je vis avec ma femme à 20 minutes du centre-ville d’Allentown. On est dans un beau quartier, dans le champ. Je pourrais même dire qu’on est presque dans le bois! On aime ça. On vit ici à l’année. »

Signe que Laperrière fait du bon boulot avec les Phantoms, Bobby Brink, Tyson Foerster, Cam York et Egor Zamula ont tous joué pour lui, l’an dernier, avant de faire leur place avec les Flyers cette saison.

Éventuellement, les deux meilleurs espoirs de l’équipe, Cutter Gauthier, cinquième choix en 2022, et Matvei Michkov, septième choix en 2023, grimperont chez les pros. Il serait toutefois surprenant qu’ils aient à passer par Lehigh Valley.

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