Daniel Brière (NHL.com)

An 1 de Daniel Brière à Philadelphie: grande entrevue

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Il est très facile de dresser des parallèles entre la situation des Flyers de Philadelphie et celle du Canadien de Montréal.

Les deux équipes sont en reconstruction. La dernière présence des Flyers remonte à 2020 et cette année-là, ils avaient justement battu le Canadien en six matchs dans la « bulle COVID », au premier tour, avant de s’incliner en sept contre les Islanders.

En 2019, les Flyers ont repêché Cam York en 14e position, tout juste devant Cole Caufield. Une décision qu’ils regrettent sans doute déjà — même si York est prometteur — et qui pourrait sérieusement les hanter au cours des prochaines années.

Les Flyers ont peut-être pris leur « revanche » au repêchage en juin dernier, sélectionnant Matvei Michkov au septième rang, deux échelons après que le CH ait opté pour le défenseur David Reinbacher. On verra, dans quelques années, si les fans montréalais ont eu raison de s’insurger de la décision de leurs favoris de lever le nez sur « le deuxième plus grand talent de la cuvée après Connor Bedard ».

Et, autre point commun entre les Flyers et le Tricolore, Philly amorce son camp d’entraînement, aujourd’hui, avec quatre gardiens qui visent un poste dans la LNH: Carter Hart, Cal Petersen, Felix Sandstrom et Samuel Ersson.

C’était aussi le cas à Montréal, avant que le directeur général Kent Hughes réduise les options à trois en expédiant Casey DeSmith à Vancouver, mardi.

La nouvelle culture des Flyers

Bon, toutes comparaisons faites, concentrons-nous maintenant uniquement sur les Flyers. La Poche Bleue a parlé à un Daniel Brière très excité, à quelques heures de mener son premier camp d’entraînement comme directeur général de l’équipe pour laquelle il a jouée de 2007 à 2013.

« C’est comme si je vivais un premier camp d’entraînement comme joueur! J’ai hâte que ça commence », dit-il au bout du fil.

Brière hérite toutefois d’une équipe qui vacille depuis 10 ans. En effet, depuis 2013, les Flyers ont participé aux séries seulement quatre fois, en 2014, 2016, 2018 et 2020. Des hauts, donc, mais surtout des bas.

Le Québécois de 45 ans n’hésite pas quand on lui demande quelle est sa priorité en tant que nouveau DG. « Pour nous, la jeunesse, il n’y a pas de doute que c’est important, mais il faut surtout continuer à améliorer la culture, répond-il. C’est un gros point que l’on a commencé à changer l’an dernier, et on doit continuer dans cette veine-là. »

Que veut-il dire par « culture », un terme également fréquemment utilisé à Montréal? « Le jeu d’équipe, pas de doute là-dessus. On n’est plus dans les années 70 et 80, où les Broad Street Bullies faisaient peur à tout le monde, mais on veut quand même jouer du hockey physique. Alors, jeu d’équipe et joueurs qui prennent soin les uns des autres, c’est un peu les grandes lignes de la culture que l’on veut mettre en place », souligne celui qui travaille dans l’état-major des Flyers depuis 2015 et qui a gravi les échelons un par un.

Les fans embarquent

Brière n’a pas caché ses intentions depuis qu’il a succédé (d’abord par interim) à Chuck Fletcher, en mars dernier.

« On a été ouvert, on l’a dit à nos fans qu’on était en mode reconstruction et qu’on voulait bâtir notre équipe de la bonne façon. On leur a demandé un peu de patience. On veut développer nos jeunes joueurs, pas juste patcher des trous, comme on dit. En même temps, on n’essaie pas de perdre par exprès! On va essayer de gagner tous les matchs, mais on se concentre à développer nos jeunes pour créer une équipe qui va aspirer aux grands honneurs année après année. Mais ça n’arrivera pas tout de suite. »

Les partisans des Flyers, c’est bien connu, sont parmi les plus impatients, tous sports confondus. Ils ont hâte que leurs favoris retournent en finale de la Coupe Stanley, ce qui n’est pas arrivé depuis 2010, et qu’ils la remportent, ce qui ne s’est produit depuis 1975!

Seront-ils assez patients pour accepter le plan de Brière? « Je crois que oui, j’en suis même convaincu, affirme le DG. Les partisans comprennent que ça ne fonctionne plus comme dans les années 90 ou au début des années 2000, alors que tu pouvais acheter des championnats. Maintenant, avec le plafond salarial, tu dois développer tes joueurs. Les fans embarquent, comprennent et semblent être derrière nous. Ils connaissent leur hockey et ils étaient tannés de se faire promettre des choses qui n’arrivaient pas. Ils vivaient de la frustration, alors on essaie d’être transparent avec eux et leur dire la vérité. »

Plusieurs jeunes autant en attaque qu’en défense

Question de donner un peu d’espoir aux partisans de Philadelphie, il faut noter que trois des quatre meilleurs marqueurs, la saison dernière, étaient âgés de 25 ans et moins, soit Travis Konecny (60-31-30-61), Owen Tippett (77-27-22-49) et Morgan Frost (81-19-27-46).

En plus, Joel Farabee, 23 ans, a fini septième (82-15-24-39) et Noah Cates, 24 ans, huitième (82-13-25-38).

« L’an dernier, John Tortorella a fait du bon travail pour donner une chance à des jeunes joueurs en attaque comme Tippett, Farabee, Frost et Cates, souligne Brière. Même Konecny est encore jeune et il a connu une saison de 30 buts. Tous ces jeunes-là ont pu jouer un plus grand rôle et se développer. Maintenant, c’est d’essayer de faire un peu la même chose du côté de la défense. On a perdu des gros morceaux comme [Ivan] Provorov et [Tony] DeAngelo. On a eu la chance de ramasser un gars comme [Sean] Walker, qui va nous aider, et [Marc] Staal, qui va nous amener beaucoup de leadership. Mais on veut aussi voir si nos jeunes peuvent prendre un pas vers l’avant. Je pense notamment à Cam York, Ronnie Attard, Yegor Zamula et Emil Andrae. On devrait tous les voir en début ou en cours de saison. C’est le futur de notre défense. »

Foerster et York

York, 22 ans, choisi tout juste après Cole Caufield en 2019 (on le répète), est le défenseur le plus prometteur de l’équipe et il a terminé la dernière saison avec 20 points (2-18) en 54 matchs.

Un autre jeune à surveiller cette saison: le 23e choix au total en 2020, Tyson Foerster, qui a récolté 48 points (20-28) en 66 parties dans la Ligue américaine et 7 (3-4) en 8 rencontres, en fin de saison, avec les Flyers.

« Ce sont deux morceaux importants, pas de doute doute là-dessus. Foerster a joué quelques matchs avec nous en fin de saison et il a connu une excellente saison dans la Ligue américaine. On va lui donner une bonne chance de se faire valoir au camp d’entraînement. Ça va être à lui de décider s’il est prêt ou non. York, ça a mal commencé pour lui l’an dernier, mais il nous a aidé en fin de saison. C’est une grosse saison pour lui, à savoir s’il peut jouer un plus grand rôle à gauche suite au départ de Provorov. On a hâte de voir s’il est prêt à prendre plus de minutes et de responsabilités. »

Tous ces jeunes seront éventuellement rejoints par Cutter Gauthier, cinquième choix en 2022, Matvei Michkov, septième en 2023, et le défenseur Oliver Bonk (oui, le fils de Radek), 23e en 2023.

Les Flyers bénéficieront en plus de deux choix de premier tour et de deux de deuxième ronde au prochain repêchage, que l’on annonce comme étant riche en talent.

À moins d’une énorme surprise, ils devraient encore parler dans le Top 10, en juin prochain. Ce sera à Brière, et à ses recruteurs, de prendre une bonne décision pour aider les Flyers à recommencer à voler haut, éventuellement.

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